051109

Le verre brûlant du warme wijn t'essore, t'étuve, te tiédit. Le train n'arrive pas, tu fume, tu tempête, tu boucane. Le tram se tire, tu supplie piteusement, tu sprinte sous la pluie, tu l'choppe à l'arrêt suivant.
Dance Little Liar
s'ouvre, comme le rideau, sur un plateau fumigène brouillant les dégaines bêcheuses des quatre de Sheffield. Elle fournit son travail, mais ne semble pas, sur le moment, enjamber le carde de sa fonction. Décharné, fat, Alex chante, sa voix t'infilte automatiquement, à l'instar des hululements de O'Malley ou de la partie magique de la chanson, celle après le break du liar takes a lot less time numéro deux, et de ces incroyables cordes forcenées, qui crient et te sectionne avant de s'agiter plus gaillardement sur
Brianstorm qui te donne déjà une folle envie de te balader parmi les dos suintants, les Vans pressurantes, les cheveux éclaboussés. Pas le temps de goûter la beauté de la précédente, il te faut déjà te démener comme un beau diable et ruisseler en braillant avec une vigueur de supporter britannique.
La très dispensable This House Is A Circus ne sert que de transition entre deux instants pogottage en puissance, puisque Still Take You Home démarre avec la franchise qu'on lui connait, nous insuffle l'envie de gueuler qu'on attendait. Pris dans un tourbillon, nous n'avons pas le temps de nous moquer de ces étrangers qui jouent des morceaux qui ne leur seillent que trop mal. Certes, il en remanie habilement une partie customisée, mais, si le faux bronzage lui échappe encore, Alex la rockstar présomptueuse et Alexa la fancy Topshop princess nous prouve le schisme qui existe au sein du groupe. Un paradoxe dissident qui ne gêne en rien, finalement, l'expression de notre amour par la mouvance cadensée de nos corps.
Arrive I Bet You Look Good On The Dancefloor, une chanson qu'on pense ne pas aimer plus que de raison, et qui pourtant provoque un immanquable électrochoc. Sa verdeur musclée aura toujours l'efficience des plus grandes, et même si elle n'en paye pas de mine, elle s'est bel et bien inscrite dans la légende.
Dangerous Animals n'était pas des plus inoubliables. Un Potion Approaching aurait selon moi provoqué des remous bien plus astucieux et aurait été toute aussi plaisante à reprendre en choeur. Néanmoins, elle aura servi de détonnateur à
The View From The Afternoon, sur les chapeaux de roue, inendiguable, pétulente au point de se moquer des conventions et d'étrenner de nouvelles illuminations dans ses parties les plus instrumentales. Volcanique et dégourdie, tu savoure son bouillon (point d'orgue: and she won't be surpriiised) en voltigeant, en te commotionnant, en te froissant.
Sketchead était l'occasion rêvée d'échanger ses impressions à la mi-temps... A la place, ils auraient été bien mieux inspirés de nous livrer l'exclusivité de Catapult ou autre réjouissance dans le goût...
My Propeller feutre, assourdi, ouate le concert tandis que la scultpurale If You Were There, Beware envoûte, transborde, exhausse le public.
Crying Lightning, pertinement introduite, joue son rôle de single collectiviste et éclate à l'instant donné, à point, parfaitement. On ne décolle pas les yeux des gestes que l'obsédant Jamie, la bouche studieusement tordue, appose à sa machine. Elle sera suivie de l'infernale Pretty Visitors, qui, bien qu'étant loin d'être ma favorite, ancre ce qu'il faut de punk, de rap et de gothique dans la prestation.
Cornerstone la belle, Cornerstone la sublime, sera ici galvaudée par une lenteur aboulique qui aura honteusement handicapé sa douce agilité, sa fraîche béatitude... Regrettable, mais
Do Me A Favour aura vite fait de nous émouvoir, vivement, avec toute la fougue latente qui ne s'exhume que tard dans le morceau, pour notre plus grand plaisir. Transports d'émotions dolentes, déchirments lancinants, affliction piquante... Alex Turner est beau.
When The Sun Goes Down l'inouïe, oracle de notre passion simiesque, radical de notre amour primate, soubassement de notre admiration anthropoïde, nous ne l'espérions plus. Même retentissement que pour The View, bien que jamais le public n'aie chanté si fort, avec tant de coeur, et avec une foi telle que je fus parcourue des plus délicieux frissons qui soient. Je pleurerais en repensant à ces premières secondes a cappella, lui, l'Infini et nous. Sans doute l'une des réussites les plus éclatantes du rock indépendant moderne. Tous les aspects de cette chanson aveuglante sont magnifiés jusqu'à toucher à l'astral. Alex Turner est beau.
The Jeweller’s Hand jolie comme tout, mais un poil inadéquate. Elle s'écoute avec recueillement, mais la lâche intensité qu'elle pouvait avoir sur cd se dissipe et s'encourt parmi l'assemblée. Le final verbeux est néanmoins d'une grâce émouvante, grâce qui inverstira également la plage suivante:
Secret Door, tour à tour déchirante, contemplative, poignante, sentimentale... Elle fut l'une des crêtes les plus providentielles de la soirée, canonisée par un ébouriffant coup de feu aux paillettes rissolées, enchantée par les scintillements édéniques des ces étourdissants confettis, elle nous prend la main, et, désormais à deux mètres d'Alex Turner, je peux dire qu'il est beau.
Il nous fait signe, mais revient aussi vite pour un

Fluorescent Adolescent corrigé au bridge interminablement mignon. Toute l'insouciance, la désinvolture, la virtuosité de la chanson nous berce, embaume nos coeurs, souffle sur nous un vent de paix, tout ça...
Clore par 505. C'est pas aux vieux singes qu'on apprend à faire la grimace. Ils ont bien compris que nous laisser tremblottants ne pourra rendre la réminiscence de ce jour que plus magique, à nos yeux. Depuis le temps que j'attendais ce but I crumble completely when you cry, attisé par les battements graduels de mon coeur, explosé par ces lumières, ce halo aveuglant et étourdissant, brisé par cette voix, ce cri triomphant et désolant. Zénith de la magnificience monkeysienne, je peux te dire que je n'en ai pas été moins chambardée, saccagée, éplorée que lors des premières écoutes de ce titre grandiose.
Alex Turner est beau. Alex Turner est parti. Alex Turner est éternel.

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Posté par Classic Reeboks à 01:38 AM - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Le verre brûlant du warme wijn t'essore, t'étuve,

    Comme toujours très impressionnant. Me tire des frissons alors qu'il fait 40 degrés dans cette pièce. Ton récit aurait donc autant de pouvoir que la musique elle-même... Je t'applaudis, Cornélis.

    Posté par Claire, 111109 à 10:00 PM | | Répondre
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