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Je n'étais pas absolument convaincue par la pop douceâtre de Two Doors Cinema Club, ayant pourtant ravi mes essayages chez H&M, ayant pourtant distrait mes oreilles sur myspace, avant que ce petit bout de concert ne change le cours des choses. Car, en effet, s'ils n'inventent pas le fil à couper le beurre, nos anglais tiennent une autre ficelle: la fibre de la vibe. Les chansons alésées, calculées et alignées semblent ne lorger que vers nos épaules, nos hanches ou nos pieds qui se dérouillent sans se faire prier. Ici, on donne dans le fluet, dans le guilleret, si pas dans le benet, mais le fait est que ça leur réussi plutôt bien. On ne réfléchi pas trop longtemps. On gigote gaiement. Et on est contents.
Au concert de Phoenix, c'est le célèbre single n°1, chéri et connu comme le loup blanc, qui donne le coup d'envoi avec une intro très xx; rideau blême et ternes silhouettes en transparence... Et quand l'étoffe s'écroule à l'orée du premier refrain, c'est une véritable déflagration qui souffle sur nous. Une approche fantastiquement gaie, joyeusement drille qui donne envie de danser comme Carlton du Prince de Bel Air, bref, je trouve complètement superfétatoire de gaver de compliments la chanson de tous les honneurs, de réciter le panégyrique du tube de 2009; Lisztomania.
On garde le rythme avec l'avenante Long Distance Call et la mignonne Lasso. L'Ancienne Belgique était plus pleine qu'un oeuf ce soir-là, et vu la touffeur qui y régnait, on aurait pu croire que l'eau bouillonnait encore. La tiède Run Run Run glisse jusqu'à l'épantante Fences, l'une de mes favorites. Elle décolle, plane, voltige, atterri. Girlfriend, Armistice, les deux Love Like a Sunset. La moiteur commence à avoir raison de mon fragile bien-être. Je me décide à prendre de la hauteur et m'accroupis donc au prenier rang du balcon. De là, j'apprécie enfin à sa juste valeur le jeu de scène de l'amoureux de Sofia Coppola, dont les rachitiques bras ensserrés par ses proverbiales manches retroussées font tournoyer le micro par son fil (tel un Lasso).
Napoleon Says coule et s'allume de néons rudoyants, Too Young surfe et s'habille de rouge, et une
Consolation Prizes bleutée ondoye jusqu'à la royale Rome. Ils partent sur la très, très belle Funky Square Dance mais reviennent bien vite avec, me semble-til, la divine Everything is Everything, qui affligera même les âmes les plus coriaces... Les coeurs ne saignent plus mais s'affolent, et pour cause: If I Ever Feel Better! Immanquablement géniale, les premières paroles a capella nous embarquent dans notre pré-adolescence sébumineuse avec liesse, on est simplement heureux. L'AB ravie chante et se balance de concert.
Les singles des différents albums auront été parfaitement agencés tout au long de la prestation, ce qui ne laisse a priori aucune place à une éventuelle surprise... Si ce n'est cette reprise de La Fille au cheveux clairs de not'Johnny, joliment revisitée, mais sans malice. Je bondis pour aller danser dans un coin car les Versaillais se cassent définitivement sur la merveilleuse 1901. Un bonsoir dément, une révérence guinchante, on en aura eu pour notre blé.

Posté par Classic Reeboks à 12:47 PM - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Je n'étais pas absolument convaincue par la pop

    Des fois il suffit de peu pour faire de bonnes chansons. J'espère que leur live à Bourges sera à la hauteur!

    Posté par Pebble, 050410 à 03:05 PM | | Répondre
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