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Dans le sanctuaire profané de These New Puritans, un bloc compact imbriquant Time Xone, We Want War et Three Thousand s'applatit lourdement en un inquiétant agglomérat monolithique qui fait craindre un concert racé, aux émotions neutralisées, se contentant d'aligner froidement leurs morceaux purgés. L'échalas Jack nous contredit illico par le flow occulte des premières chansons issues de Beat Pyramid: Swords of Truth et Numbers. Prosélytes catéchisés, nous pouvons maintenant nous introduire de plein pied dans les incantations suplliciées de l'étique shamman. Après l'interlude léger de l'arachnéenne Hologram, c'est la tribale Orion qui bat son ambiance inquiétante. Ses choeurs patibulaires nous mènent à Drum Courts (Where Corals Lie), africanisante et ensorcelée qui se prolonge en une Fire-Power pas moins démoniaque. S'insinue alors le single Attack Music, et les chanoines que nous sommes reconnaissent ensuite la démentielle White Chords, malgré un gros kwak technique décontenançant. Crooner vénéneux, mélodie délétère, paroles toxiques, tout ce qui la compose la rend mortellement irrésistible. Infinity se change en pont scabreux jusqu'à la tant désirée mais à peine rêvée Elvis, qui m'avait à l'époque obsédée de si nombreux jours... Ils la convertissent et la transmuent juste ce qu'il faut, conservant son subtil squelette, accroîssant son lugubre potentiel magique.
Plus abouti qu'en amuse-gueule des xx, moins spirituellement abstrait que craint, ce concert ascétique aura relevé du religieux, et Dieu sait si j'aime ça.
Le lendemain dans la même salle.
J'aurais parié ma setlist des Last Shadow Puppets que celle de Devonté allait s'ouvrir sur Marlene, premier extrait du tout frais Life is Sweet, Nice to Meet You. Cette première plage illustre bien la courbure giratoire que notre sympathique garçon à slim vermillon et chaussettes canari semble avoir opéré. En effet, il a viré sa délicate batteuse à frange pour s'entourer d'un véritable band, robuste, massif, en un mot: rock. Car c'est là que réside la primeur: nous connaissions les penchants de Dev pour les solos alambiqués et les paroles geignardes, mais ignorions qu'il n'avait pas totalement abrogé son amour pour les basses râblées ... De là à parler d'une nostalgie Test Iciclesienne, il n'y a qu'un pas.
Cette Marlene à la botte noire et aux joues roses s'éloigne furtivement pour laisser place à ma favorite parmi les favorites, l'exquise Midnight Surprise. La belle n'a pas pris une ride et s'étire indéfiniment, caressée par la demi-douzaine d'ambiances différentes qui lui sont imputée. Sur son trajet, elle escalade, explose, puis gambade avant de rencontrer la versatile Galaxy of the Lost, aussi maussade que pétulante, mais toujours aussi efficace. Romart, jeune pleurnicharde bercée s'efface devant la classique Tell me what it's worth qui n'a rien perdu de sa sensibilité sagace. La petite Straight ne sert qu'à introduire avec aménité la radoteuse mais embobinante Faculty of fears et ses faux airs de Stand by me. Déboule alors Madame van Damme, fille facile, qui verra notre Lightspeed Champion se poster derrière son synthé pour toucher d'une sérénade la farouche Middle of the Dark. Chavirante et opaque, la sublime dryade fini néanmoins par se laisser aller à la sensiblerie et déverser son lot de lyrisme domestiqué. La hippie Heavy Purple cède son tour à It Won't Be Long, surprenante groupie des Beatles tirée à quatre épingles, fort à propos, aussi pétillante que coquette. Sweetheart, une cow-girl raffinée quoiqu'ampoulée au riff entêtant viendra clore le bal par ses saisissantes manières ampoulées.
De ces soirées, nous pourrons déduire une chose: Domino Records, c'est pas d'la merde.
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Posté par Classic Reeboks à 11:04 PM - Commentaires [0] - Permalien [#]


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